Modèle selon De Léon

Centre de Jour en Rééducation Fonctionnelle

Service Jeunes

Service Familles

Service d'Aide et de Soins Spécialisés en Assuétudes

Service Accueil

Modèle selon Georges De Leon
o Explication du modèle d’approche intégrée de la demande de la personne atteinte d’assuétude selon De Léon.
o Les étapes vers le changement (De Léon)

DE LEON G. (1996) a décrit dix étapes qui illustrent les changements qui interviennent au niveau du profil de la personne (arrêt de la consommation de drogues). Les 6 premières étapes constituent le prétraitement et les 4 autres le traitement. A ces 10 étapes correspondent des types de soins prodigués dans divers centres et services. Vous trouverez ici une analyse des étapes vers le changement que traversent les usagers de drogues et, en parallèle, ce que peuvent offrir les institutions de soins.

Approche en système intégré (modèle de Léon G.)



Dans le modèle du programme Phénix:
- Service accueil (étape 1)
- Centre de Jour en Rééducation Fonctionnelle (étape 2)
- Service Insertion (étape 3)

Au service Accueil: étape 1 du programme Phénix
1.Le déni (prétraitement)
Le patient
La personne nie qu’elle soit dépendante d’une substance. Si elle admet qu’elle consomme régulièrement un produit, elle ne reconnaît pas que cette consommation puisse être
problématique et clame haut et fort qu’elle peut arrêter quand elle le souhaite. Même si elle fait le lien entre sa consommation et les problèmes qui y sont associés, elle ne les reconnaît
pas comme des problèmes requérant une attention. Elle ne s’adresse pas à un centre traitant spécifiquement de la problématique de consommation sauf si elle y est contrainte. 2.L’ambivalence (prétraitement)
Le patient
Lorsque le patient est au stade de l’ambivalence, il reconnaît que sa consommation est problématique mais n’accepte que faiblement les conséquences. Il met en évidence les avantages de
la consommation de drogues et est convaincu qu’il peut arrêter quand il le souhaite. Pour lui, l’arrêt n’est pas nécessaire. Ce stade correspond à des services généraux ou des services spécialisés en assuétudes à faible degré d’exigence (« bas-seuil »). La réduction des risques peut être un programme bénéfique pour ces personnes, mais il est important que le professionnel ne perde pas de vue qu’à cette étape les usagers de drogues reconnaissent l’existence de leur problématique de consommation. Le travail avec ces personnes est de les amener à un stade ultérieur où elles reconnaîtront les conséquences de leur dépendance. Au sein de l’asbl Phénix, ces patients sont pris en charge par le Service Accueil (ouvert tous les jours de 9h à 17h00). Ce service offre un moment de détente au patient dans sa vie de toxicomane. Cet espace est un lieu d’écoute où il peut s’entretenir avec une équipe de professionnels, seul ou parmi d’autres patients, de façon informelle. Le patient passe pour demander de l’aide (recherche de logement, déclaration d’impôts à compléter,…), ou tout simplement pour parler et partager une tasse de café. Ce n’est qu’après cette phase de mise en confiance que le travail d’accompagnement peut commencer. 3.La motivation extrinsèque (prétraitement)
On parle de motivation extrinsèque lorsque la personne reconnaît les problèmes liés à l’abus de substances mais qu’elle ne les considère pas comme une raison valable pour changer. Des pressions extérieures (parents, conjoint, justice,…) amènent la personne à initier un changement avec ou sans traitement. Généralement, on constate alors une réduction ou un arrêt temporaire de la consommation.
Passage en étape 2 du programme Phénix: Centre de Jour en Rééducation Fonctionnelle et vers l'étape 3 Service Insertion Phénix

4. La motivation intrinsèque (prétraitement) La personne fait preuve de motivation intrinsèque lorsqu’elle accepte les problèmes liés à la consommation de drogues et qu’elle présente une motivation propre de changement. Cette volonté de changement est basée tant sur des raisons positives (désir d’un nouveau style de vie, de changement des relations sociales,…) que sur des raisons négatives (autodépréciation, haine de soi, sentiment de culpabilité,…). Ces raisons, qu’elles soient positives ou négatives, jouent un rôle et ont une importance relative qui varie d’un individu à un autre.

5.Prêt pour le changement (prétraitement) La personne est prête pour le changement lorsqu’elle considère ses problèmes de drogues comme graves et prioritaires. Elle tente alors sérieusement d’arrêter la consommation. Même si des actions concrètes voient le jour (déménagement, changement des relations,…), cela ne signifie pas qu’un traitement est initié. Celui-ci est encore considéré comme irréalisable. Lorsque le traitement est perçu comme la seule alternative, les personnes sont alors prêtes pour le traitement. La personne reconnaît sa dépendance et le besoin de changement. Elle est alors prête à modifier considérablement son style de vie. La consommation et les problèmes qui lui sont liés sont considérés comme destructeurs, non seulement, pour la personne elle même, mais également, pour les autres (entourage).
6.Prêt pour le traitement (prétraitement) Le patient
Lorsque le traitement est perçu comme la seule alternative, les personnes sont alors prêtes pour le traitement. La personne reconnaît sa dépendance et le besoin de changement. Elle est alors prête à modifier considérablement son style de vie. La consommation et les problèmes qui lui sont liés sont considérés comme destructeurs, non seulement, pour la personne elle même, mais également, pour les autres (entourage).

Les institutions de soins concernées
Généralement, la personne ne fréquente pas encore ou ne souhaite pas un centre résidentiel spécialisé en assuétudes, mais plutôt des centres ambulatoires. Accompagnée par des professionnels, elle visite des centres. Au Centre de Jour en Rééducation Fonctionnelle de l’ASBL Phénix, lorsqu’une personne est prête pour le traitement, l’équipe l’aide à formuler sa demande et à construire son projet. Si le patient a besoin d’un sevrage, l’équipe le soutient et travaille en liaison avec le centre de sevrage (hôpitaux généraux ou psychiatriques) afin que l’orientation vers un centre de postcure soit effectuée à la sortie ou son retour en étape 2 du programme Phénix avec comme objectif d'expérimenter l'abstinence et continuer son projet de vie sans drogue au sein même de Phénix.

7. Le sevrage (traitement) Le patient
La désaccoutumance est l’arrêt de l’ingestion de drogues et de médicaments. La personne rompt alors avec le monde de la consommation et fait face aux changements. Elle présente alors des variations d’humeur importantes et tolère difficilement les situations « inconfortables ». Le patient ressent alors des émotions et des sentiments qui jusque là ont été anesthésiés par la consommation. Parfois durant cette étape du traitement, la personne consomme, bien que la fréquence diminue. A ce stade, la reconsommation est considérée comme une caractéristique de l’acquisition de l’abstinence, plutôt que comme une rechute.
Les institutions de soins concernées
Les institutions concernées seront des services résidentiels spécialisés en assuétudes au CJRF Phénix. Généralement, le sevrage s’effectue à l’hôpital général ou psychiatrique. Durant l’hospitalisation, les professionnels aident le patient à choisir un centre de postcure ou le CJRF Phénix où les autres étapes seront réalisées.

8. L’expérience d’abstinence (traitement)
A cette étape, la personne connaît les situations, les circonstances, les états affectifs et cognitifs qui l’ont menée à la consommation, et elle doit maintenant y faire face. Cela suppose une identification des situations liées à des facteurs de stress internes et les modifications des réactions fautives, à la fois émotionnelles et cognitives, qui mènent éventuellement à des comportements précipités négatifs et/ou à la consommation de drogues.
9.Continuation (traitement)

Les drogues ne sont plus considérées comme des solutions pour affronter les problèmes mais comme un moyen inefficace ne conduisant qu’à des conséquences négatives. Le patient reconnaît le processus de changement comme un combat constant qu’il accepte avec enthousiasme.
10.L’intégration d’une nouvelle identité (traitement)
L’intégration est l’étape postérieure au traitement. Elle valide les comportements et les expériences acquises durant celui-ci. La personne accepte la non-consommation et utilise les
bénéfices du traitement afin de se (re)construire une vie sociale. L’individu change d’identité et passe de l’étape de consommation à celle de la non-consommation. Cela nécessite de
grands changements de style de vie, de valeurs, d’attitudes ainsi qu’une révision de la perception que l’individu a de lui-même.

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